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Pourquoi le bois revient dans la construction en Suisse romande, et ce que ça coûte réellement

Ce qui change sur les chantiers romands

En octobre 2025, le canton de Genève a adopté un dispositif qui imposera progressivement un plafond d'empreinte carbone aux constructions et rénovations de grande ampleur, un secteur qui représente une part significative du bilan carbone cantonal selon Entreprise Romande. Les nouvelles exigences s'appliqueront d'abord aux bâtiments de l'État dès 2027, puis aux projets privés dès 2029, avant de devenir pleinement contraignantes en 2034.

Le canton de Vaud pourrait suivre une trajectoire similaire, avec des seuils d'énergie grise resserrés dans ses nouvelles prescriptions.

Concrètement, les maîtres d'ouvrage en Suisse romande regardent à nouveau vers le bois, longtemps traité comme un choix marginal face au béton. Le calcul environnemental penche clairement en sa faveur. Le calcul économique, lui, reste plus disputé.

D'où vient ce retour du matériau

Le nouveau standard fédéral MoPEC 2025 (modèle de prescriptions énergétiques des cantons, une norme cadre que chaque canton adapte ensuite localement) introduit pour la première fois des valeurs limites d'énergie grise. Il s'agit de l'énergie consommée pour fabriquer, transporter et poser un matériau, avant même sa mise en service, selon energie-environnement.ch. À Genève, le dispositif voté en octobre 2025 ira plus loin en imposant, à terme, des seuils d'émissions par matériau, calqués sur la norme SIA 390/1 (édition 2025).

Le mécanisme physique est simple. Fabriquer du ciment demande de cuire un mélange de calcaire et d'argile à plus de 1400°C, un processus qui concentre à lui seul une grande partie des émissions du secteur du bâtiment. Le bois, à l'inverse, stocke du carbone pendant sa croissance plutôt que d'en émettre à la fabrication. Ce différentiel structurel explique pourquoi les cantons romands orientent leurs nouvelles règles vers ce matériau. Reste la question qui intéresse vraiment les maîtres d'ouvrage, celle du prix.

Le prix au mètre carré, chiffres à l'appui

Sur une construction résidentielle standard, la maçonnerie traditionnelle revient à environ 2800 à 3500 francs le mètre carré, contre 3000 à 3800 francs pour une ossature bois, selon les données publiées par HILO Architectes. L'écart se resserre encore avec le bois massif à isolation intérieure, chiffré entre 5000 et 7000 francs le mètre carré par le comparateur ofri.ch.

Ce surcoût n'a rien d'une règle absolue. Il dépend de la filière retenue, bois suisse certifié ou bois importé souvent moins cher mais au bilan carbone dégradé par le transport, et du type de structure.

Pour les bâtiments commerciaux, la donne s'inverse parfois. Un immeuble de bureaux en bois affiche un coût d'environ 5200 francs le mètre carré, légèrement inférieur aux 5444 francs d'un bâtiment comparable en construction massive, selon Chantiers Magazine.

Dans le canton de Vaud, cette typologie tertiaire illustre bien pourquoi le bois n'est plus systématiquement le choix le plus cher.

Ce que le surcoût cache réellement

Le surcoût à l'achat s'accompagne souvent d'économies ailleurs sur le chantier. La préfabrication en atelier, typique de l'ossature bois, réduit les délais de plusieurs semaines par rapport à un gros œuvre coulé sur place, ce qui limite les coûts de location d'engins et d'intérêts intercalaires pendant la durée du chantier. Les éléments préfabriqués arrivent aussi déjà isolés, souvent prêts à recevoir les finitions, ce qui allège d'autant les postes de second œuvre.

Sous climat romand, entre étés secs en plaine et hivers humides en altitude, le bois exige un entretien régulier des façades exposées, essentiellement un traitement ou un bardage de protection tous les dix à quinze ans. Ce n'est pas un défaut caché, plutôt un coût d'exploitation à intégrer dès le calcul initial, au même titre que l'entretien d'un enduit en façade béton. Le point commun entre les deux matériaux reste le même, aucun n'est gratuit dans la durée.

Ce que ça change pour un maître d'ouvrage romand

Dans le canton de Vaud, un projet utilisant au moins 20 m3 de bois vaudois peut prétendre à une subvention de 70 francs par m3 pour les résineux et 160 francs par m3 pour les feuillus, dans la limite d'une enveloppe cantonale de 1,5 million de francs, selon les conditions publiées par l'État de Vaud.

Les demandes devaient être déposées avant le 1er décembre 2025 pour cet exercice. Il convient de vérifier auprès de l'État de Vaud si le dispositif a été reconduit avec de nouvelles échéances.

Pour une extension ou une surélévation sur un bâtiment existant, la précision du relevé initial pèse autant que le choix du matériau. Un relevé numérique du bâti, obtenu par scan 3D transformé en maquette BIM (une maquette numérique du bâtiment utilisée pour planifier le chantier), évite les écarts de mesure qui font grimper la facture une fois le chantier ouvert. Plusieurs ateliers romands, comme ab-3dscanning.ch, proposent aujourd'hui ce type de relevé pour les projets de rénovation ou d'extension.

Le bois convient surtout aux petites structures et aux extensions rapides à monter. Le béton reste pertinent pour les sous-sols, les fondations et les grands volumes qui exigent une inertie thermique élevée.

Le point à retenir

Le bois coûte plus cher à l'achat, mais moins cher à exploiter sur la durée d'un chantier et d'un bâtiment. Cette équation, portée par les nouvelles exigences cantonales sur l'énergie grise et le carbone, redessine progressivement le paysage de la construction en Suisse romande. Pour un projet de rénovation ou d'extension, un relevé précis du bâti existant reste la première étape avant de comparer sérieusement les deux matériaux avec un professionnel local.

Sources

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